Anthropophages
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OMS et avortement tardif : Interview de Pascal Malonda

L'OMS recommande d’avorter jusqu’au moment de la naissance, quelle qu’en soit la raison. Entretien avec l’auteur Pascal Malonda, qui aborde ces thèmes sensibles dans son dernier ouvrage "Le réveil des consciences".

Le 9 mars dernier, un texte de 210 pages avec plus de 50 recommandations a été publié à l’attention de tous les gouvernements du monde entier. Ce texte, qui prétend défendre les Droits de l’Homme, soulève plusieurs questions que nous nous devons d’aborder avant de voir sombrer l’humanité dans l’horreur.

Agence spécialisée de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour la santé publique, l’OMS a pour objectif d’amener les peuples des États membres au niveau de santé le plus élevé. N’est-ce pas étonnant pour un tel organisme de produire des recommandations aussi mortifères ?

Le 3 mars 2022, la loi permettant d’allonger l’avortement de 12 à 14 semaines a été publiée au Journal Officiel. Au même moment, nous apprenions que l’OMS envisageait de prolonger le droit à l’avortement jusqu’à 9 mois. S’agit-il selon vous d’un hasard des calendriers ? C’est très difficile à croire. 

Pour comprendre les recommandations de l’OMS, il est essentiel de connaître l’idéologie de ces 3 principaux investisseurs, à savoir : les États-Unis, la Fondation de Bill et Melinda Gates et l’Alliance Gavi, un investisseur privé. Les États-Unis ont effectué à ce jour près de 50 millions d’avortements. Avant l’arrivée des Républicains au pouvoir avec Donald Trump, ils étaient à 1 million d’avortements en moyenne par an.

En 2010, Bill Gates a participé à une conférence TED pour présenter sa vision du futur de l’énergie dans le monde. Parmi ses nombreuses préconisations, il proposait notamment de réduire la croissance de la population mondiale notamment grâce aux vaccins… Ces propos avaient choqué à l’époque, car la vocation des vaccins est de protéger les gens et devrait donc logiquement contribuer à l’augmentation de la population, et non à sa réduction.    Gavi est quant à elle une organisation internationale dont le but est de permettre aux pays les plus pauvres d’avoir accès aux vaccins. Elle a été fondée en 1999 grâce à l’apport financier de la Fondation de Bill et Melinda Gates qui y a investi 750 millions de dollars.

Le texte de l’OMS indique qu’un examen de 21 études a révélé que lorsque les femmes se voient refuser des avortements au-delà de 22-24 semaines, cela « peut être considéré comme étant incompatible avec… le Droit international des Droits de l’Homme ». Que penser d’une telle déclaration ?

Les organisations pro-avortement sont parvenues à faire croire que les droits de la femme étaient supérieurs à ceux du fœtus, simplement parce que celui-ci n’était pas considéré comme un être humain à part entière tant qu’il était dans le ventre de sa mère. Les législateurs privilégient d’ailleurs le terme fœtus, plutôt que celui d’enfant dans le cadre du droit à l’avortement, ce dernier faisant davantage référence à notre humanité. Les droits du fœtus dépendent donc simplement du fait qu’il soit désiré ou pas. En effet, dans le cas de figure où une femme enceinte se ferait agresser d’un coup de couteau dans le ventre et que son enfant viendrait à mourir, la justice condamnera sans hésiter son agresseur pour homicide. 

Que penser de cette recommandation de réduire les droits des professionnels de la santé de refuser de participer à des avortements pour des raisons de conscience ?

Cette recommandation a pour but d’obliger les médecins à effectuer ce genre d’actes, car beaucoup refusent pour des raisons morales, à cause de la dangerosité et de la technicité de ce type d’acte, mais aussi en raison des risques pour la femme. En effet, plus l’avortement est effectué tardivement et plus la femme a des risques de devenir stérile.

Concernant l’IMG, en France, désormais possible à n’importe quel moment de la grossesse s’ il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable, sommes-nous en train de céder à une volonté de sélection naturelle ? Peut-on parler d’euthanasie précoce ?

Cette idée de l’enfant « parfait » ne date pas d’hier, elle remonte à Margaret Sanger, l’une des fondatrices du Planning familial qui préconisait de garder uniquement les enfants en bonne santé et d’éliminer ceux qui avaient un handicap. Elle a été influencée par les idées de Malthus qui défendait les thèses selon lesquels il fallait contrôler les naissances, parce que la population mondiale augmentait plus rapidement que les moyens de subsistance, ce qui était selon lui un facteur de famine et de misère.

Précisions que Margaret Sanger était une eugéniste et une raciste. Elle voulait réduire le nombre de naissances et éliminer les enfants atteints de graves maladies. En 1930, elle félicita le parti nazi pour « son génie génétique » au sujet de la population allemande, ainsi que pour ses travaux pour « la propagation d’une ‘’super race’’ ». Elle considérait qu’il fallait « éliminer les mauvaises herbes humaines et procéder au nettoyage de la société. » 

Le Planning Familial conseille l’OMS dans sa politique de santé envers les femmes. En 2020, l’organisation Planned Parenthood a décidé de retirer le nom de Margaret Sanger de sa clinique de New York, parce que sa réputation commençait à ternir leur image.

On a le sentiment avec ce texte de l’OMS d’assister à une déshumanisation généralisée. Quel est l’objectif de cette désacralisation du vivant à tout prix ?

En 2013, la journaliste Mary Elizabeth Williams avait suscité la polémique en écrivant dans un article qu’elle privilégierait toujours la vie d’une mère à celle d’un fœtus, même si un fœtus était une vie, mais une vie qui valait selon elle la peine d’être sacrifiée.

Cette notion de sacrifice nous renvoie aux peuples primitifs qui sacrifiaient leurs nouveau-nés au dieu Moloch pour obtenir la protection, de bonnes récoltes, des pouvoirs surnaturels ou remporter des guerres. L’enfant était donc un moyen d’obtenir la faveur des dieux. 

Il est pour le moins étonnant qu’au moment où l’OMS fait ce genre de recommandation, la Chine travaille quant à elle à la création d’un ventre artificiel pour « fabriquer » des bébés. Ce projet marque aussi la désacralisation de l’être humain, réduit à un simple organisme vivant élevé en culture. Les transhumanistes nourrissent eux aussi l’idée d’un être humain cyborg, c’est-à-dire mi-homme mi-robot. Ainsi nous voyons que les recommandations de l’OMS révèlent en réalité une désacralisation de l’être humain, sous couvert de bonnes intentions.

L’ouvrage de Pascal Malonda

Cadre dans une multinationale, Pascal est également pasteur, entrepreneur et coach certifié John Maxwell en leadership et consulting. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier, « Le Réveil des consciences », est paru en janvier 2022.

Diplômée d'une école de journalisme, Angélique a un faible pour les questions de santé et de société.

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