Bruits de guerre
Bruits de guerre

Guerre en Ukraine : une Europe inconséquente

Les médias occidentaux sont unanimes : "le dictateur Vladimir Poutine est méchant, mégalo, et les gentils ukrainiens, sont des héros". Les drapeaux bleu et jaune fleurissent sur les pages Facebook, sur les façades des mairies et dans les coins des écrans télévisés.

Au passage, tous ceux qui sont suspectés de complaisance avec la Russie sont pointés du doigt, en particulier Marine Lepen et Eric Zemmour. Les français, incapables de défendre leurs propres libertés, descendent dans la rue pour celle des ukrainiens. Et là, pas de CRS ou de LBD. Oublié le coronavirus. Les médias se sont jetés avec la même voracité douteuse sur ce nouveau filon : la guerre. Et d’enchaîner les poncifs sur le courageux résistant Zelensky et le vilain Poutine. L’affaire est pliée, inutile de se poser des questions ou même de chercher à comprendre les causes d’un tel conflit.

Pourtant cette guerre obéit à une logique qui était largement prévisible. L’OTAN ce sont les USA. Son extension à l’Est crée une situation stratégique de vulnérabilité pour la Russie. Elle a essayé de desserrer l’étau en favorisant des relations bilatérales avec les pays européens, l’Allemagne par exemple, dans le domaine de l’énergie. La Russie a également noué des partenariats économiques et militaires avec la Chine et l’Inde pour contrebalancer la puissance de l’OTAN. Elle est intervenue en Syrie, s’opposant frontalement aux projets atlantistes de déstabilisation de ce pays.

La Russie ne peut pas perdre l’Ukraine

L’Ukraine est le pays que la Russie ne pouvait pas laisser tomber dans l’escarcelle de l’OTAN. Les russophones forment le second groupe linguistique de l’Ukraine avec 7,5 millions de locuteurs, soit 17,2 % des habitants de l’Ukraine. À l’est, les oblasts de Khartiv, de Loushansk, de Donetsk et de Zaporijia comptent une majorité de russophones et d’Ukrainiens russifiés. Par exemple, en Crimée, 67 % des habitants se considéraient comme des Russes en 1989, contre 25,6% comme des Ukrainiens. De façon générale, les Russes dominent dans les centres urbains et les zones industrialisées. En simplifiant, on peut dire que l’Ukraine est partagée entre un Ouest ukrainophone et un Est russophone, comme le montrent les cartes ci-dessous.

Le sentiment de la nationalité russe

L’Ukraine aurait pu jouer le rôle d’intermédiaire entre l’Europe et la Russie rendant possible une amitié euro-russe. Mais d’autres forces sont à l’œuvre qui l’ont jetée dans les bras de l’OTAN, rendant de fait cette guerre inévitable. L’Europe elle-même, loin d’essayer d’apporter des solutions à cette crise, jette de l’huile sur le feu en envoyant des armes létales en Ukraine. Macron joue au chef de guerre alors qu’il est en échec au Mali. La France, pays détenant l’arme nucléaire et un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU aurait pu avoir du poids dans cette crise mais Macron, toutou des USA, est complètement décrédibilisé.

La récession guette l’Europe

C’est le peuple français qui paiera le prix le plus élevé : en proie à des divisions internes, de plus en plus dépendant de l’état, des aides sociales, dans une situation économique extrêmement dégradée, plombée par une dette record. L’inflation et le prix de l’énergie plongeront des millions de foyers dans la précarité.

La Russie s’est préparée, exporte de l’énergie, est excédentaire en produits agricoles ; une dette extérieure et intérieure très faible, des réserves de change considérables. Avons-nous les moyens de pavaner à la tête de l’Europe et de provoquer l’ire de « l’ours russe » pour le plus grand bonheur de l’oncle Sam qui a d’autres chats à fouetter du côté de Taïwan ? La récession guette l’Europe : les USA et la Chine attendent tranquillement pour ramasser les restes d’une industrie européenne sinistrée.

La lettre du lundi

Recevez chaque lundi par e-mail un résumé de nos publications.

Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Et toi, tu en penses quoi ?

2 commentaires

  1. Tofeo says:

    L’opération militaire spécial de démilitarisation et de dénazification de l’Ukraine ne demeure pas moins une agression flagrante d’un pays souverain. Les Russes n’arrivent pas en sauveur. Mais même à l’est dans les partis russophones, ils sont reçus comme des occupants.
    L’Ukraine est une nation. Jeune peut être. Parler deux langues a toujours été. Les gens de l’est veulent aussi leur indépendances et leur souverainteté.
    Bon traité de nazi un président qui est juif et qui a une partie de sa famille qui mort dans les camps … Cela ne laisse pas trop de crédibilité à la propagande russe qui est à mon sens pire que la notre.
    Toujours est il que c’est bien de voir ce que l’agence TASS dit. C’est parfois un bon complément d’information.

  2. duquenne says:

    BOUTCHA (2) : 10 QUESTIONS SANS RÉPONSES – LE MÉDIAMENSONGE DU JOUR – N°3 – MICHEL COLLON
    https://odysee.com/MMJ3:24b0b3549a79af380b140424ba800b1b3e18398b?src=embed

Exprimez-vous

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Sur le même sujet